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Musicien et artiste

Sur scène, je crée un espace où le son et l’image se contaminent, où la lumière résonne et où les rythmes sculptent le regard.

Ma musique et mes images naissent de l’attachement viscéral que je porte au vivant non humain : elles cherchent à capter les forces telluriques et les résonances silencieuses qui nous dépassent, nous transpercent et nous survivront. S’y mêle la nostalgie d’un Âge d’Or que j’associe en partie à l’enfance, ce territoire où le mystère du monde affleure encore.
Cette spiritualité diffuse s’incarne dans des chœurs cryptiques et des sons de cordes et de cuivre au timbre augural, des synthés aériens, des rythmiques souvent primitives. Sous l’épiderme en apparence intact, j’explore, avec une rage sourde et un certain fatalisme, la menace des catastrophes en marche : les tempos se font rapides et les beats puissants, les saturations déchirent les nappes, des voix robotiques énoncent des prophéties qui n’ont rien de sibyllin.
Le sentiment aigu de la fugacité de l’existence nourrit une rêverie douce, d’une intensité parfois insoutenable : une mélodie dépouillée peut se sédimenter en strates denses, ou basculer soudain dans l’haleine de la tempête. Les morceaux n’obéissent qu’à la propre nécessité de leurs fluctuations, selon une trajectoire libre et fluide, presque aquatique.

Démarche

Marqué à vie pendant mon enfance rurale par la découverte de paysages de montagnes encore inviolés, je suis à la poursuite nostalgique d’espaces arcadiens. Lassé par les conséquences de la surdensité humaine, je reçois de manière violente et intériorisée la destruction massive et aveugle de notre environnement naturel, ainsi que des êtres vivants qui le peuplent. Les accents prophétiques de mon travail traduisent moins la dégradation irrémédiable à venir qu’une quête poétique aussi fondamentale qu’illusoire. La célébration de la ruine, la soif d’une beauté immémoriale proche du Sublime et l’aspiration à un monde plurispéciste constituent la colonne vertébrale de ce travail où les strates du monde, du son et les couches de pixels des images s’entrelacent et se dissolvent. Les vidéos sont en grande majorité des images de la vie réelle, à la fois fragments passés et séquences tournées spécialement pour retrouver les émotions associées à la composition des morceaux.
La thématique de l’Age d’Or invoque un autre élément racinaire du projet, l’expression latente de l’éphémère à travers la nostalgie, présence souterraine quasi tutélaire. La dimension aquatique est récurrente dans ce tissage synesthésique, en tant que mémoire liquide et matricielle : l’eau disparue du marais asséché, des tourbillons des vagues qui déglutissent et renouvellent les souvenirs, ou qui engendrent un être hybride issu de métamorphoses. La recherche de souvenirs et de sensations enfouis irrigue largement les mélodies et les images, détermine les effets audio et vidéo qui leur sont appliqués.

Musique-images-lumière

La fabrication des images s’est effectuée en fonction du propos de chaque morceau : leur aspect essentiellement figuratif peut être soutenu par la netteté des détails, mais aussi brouillé, distordu et flouté jusqu’à l’abstraction. Les sources d’inspiration sont multiples : la poétique des ruines d’Hubert Robert, l’esthétique des jeux vidéos et les espaces liminaux ont été convoqués pour les scènes générées par l’IA. Des images de forêts, lacs, montagnes, ciels et de silhouettes se superposent, créant de nouvelles textures par un jeu de couches, de parallax et de profondeurs virtuelles. L’association avec la musique s’opère de façon synchronisée, parfois au 1/10° de seconde.
Les éclairages, eux aussi synchronisés avec la musique, contribuent à faire de la prestation une véritable performance live : leur palette chromatique émane des vidéos, et les mouvements des lyres robotisées sculptent l’espace de la scène et du lieu.

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